MES LIVRES

BIG BANG CITY
VOYAGES EN MÉGAPOLES D'ASIE

L'Asie. Les villes monstres. Des noms qui sonnent comme des poèmes ou étranglent comme des cris. Quand Mahigan Lepage laisse derrière lui l'Amérique du Nord pour le continent asiatique, il couve ce projet : parcourir et surtout écrire les mégapoles en expansion. Ce sera Manille, Jakarta, Beijing, Shanghai, Kolkata, Delhi, Mumbai et Bangkok. D'une petite hutong aux larges boulevards sans nom, d'une nuit à dormir dans une rue de Kolkata à la fièvre qui terrasse, devant l'agitation d'un carrefour ou face à un corps nu allongé sur le béton, de l'intérieur d'un taxi ou sous les néons d'un girlie bar, Big Bang City tisse un récit éclaté et exaltant.

LE FLEUVE COLÈRE

C’est une fable. L’histoire d’un fleuve, le fleuve colère, à travers les seiches et les crues, les chutes et les torrents. De la campagne à la ville, des plaines aux rocheuses, il va ses méandres. Capturé par un autre fleuve, il mettra des années à recouvrer sa liberté. 

Dans des cascades de rire noir, le fleuve colère supplicie les animaux, défenseurs du monde tel qu'il est.

les chèvres et les boucs

il leur ouvrait le ventre

de la barbe au cul

à coups de lames noires

et les jetait en pâture

aux essaims de piranhas

FUITES MINEURES

Des jeunes se lancent sur la route, fuyant le monde dessiné pour eux. Ils se perdent dans les bois, inondent les rues et les partys. Ils courent leur révolte, crient leur camaraderie.

Fuites mineures est un chant sauvage qui éclate frontières et horizons. Une aventure rythmique où priment le corps, l'oral et l'instant. 

Des virées. Des frenchs, des buvards, des sensations. Des trips sur le pouce. Des tournées en char. Des expéditions dans les villes. Une communauté éphémère aux surnoms bizarres. On a 13, 15, 17 ans, et une immense soif d'espace. Ce n'est pas un livre sur l'adolescence. C'est la fuite qui crie à travers moi.

COULÉES

Je garderais, de toutes ces années d'entraves et d'isolement, une soif insatiable de déplacement et de vitesse, de villes et de voyages, un besoin inextinguible de mobilité, de courant, une pulsion de fuite en avant. Jusqu'au jour où je n'ai plus eu le choix, pour continuer d'avancer, que de retourner amont et d'entreprendre ces coulées, par lesquelles j'allais avoir à remuer des fonds d'inavouable, à déplacer des masses de temps inerte, qui encore me retenaient et me tiraient arrière. Que dans plus grand et plus fort, plus fluide, tout cela soit emporté et noyé – et ne demeurent finalement empreints, pour chaque territoire retraversé, que la couleur et le mouvement vifs d'une rivière.

Coulées : la Patapédia, l’Outaouais et le Bas-Saint-Laurent. Trois récits, trois lieux, trois traversées.

VERS L'OUEST

Vers l’Ouest, c’est un seul paragraphe. Un charroi. Mais d’un seul tenant, chaque fragment de temps imbriqué dans le suivant, aussi inexorablement que ces visages qui surgissent dans les truck stops d’un Canada anglophone qui a gardé la violence originelle des défricheurs. Villes en pays dur, villes nées de leur propre éloignement, dans les rapports qu’elles imposent aux hommes.

Sauriez-vous comment dormir pour rien à Banff? Une camionnette de transport de bisons vous a-t-elle un jour laissé à St. Catharines? Et quelles circonstances faut-il pour échouer à Petawawa?

RELIEF

Prix Émile-Nelligan 2012

La terre est plate pour les pères qui fatiguent le sol des plateaux à en oublier les gouffres qui les fendent et qu’on appelle coulées. Mais sourd, du fond d’une coulée, la voix des fils abandonnés – parole de colère jaillissant du repli de la terre pour ébranler les fondations de la patrie au-dessus. 

 

Relief convie à cette confrontation, dans une prose poétique séismique, où les habitants du village de l’Ascension, et plus particulièrement Romu, son père fondateur, vacillent sous l’attaque des intempéries et des mots.

CARNETS DU NÉPAL

Quand tous les anciens attachements vacillent et s’écroulent, quand les liens cèdent, quand le dehors est devenu peine perdue, ne reste plus qu’à s’éprouver de cette autre peine, toute intérieure, qui ne dépend que de soi, ne fait jamais défaut. Écrire est cette fatigue.

C’est ce que j’aurai appris au Népal, moins en voyageant qu’en écrivant. Mais il fallait pour cela l’espace mental du voyage : la marche, les fatigues là-bas du corps, la maladie, les rages, les aperçus de l’extrême dénuement, la beauté aussi des visages, la majesté des montagnes. Et le sentiment parfois, libérateur, d’avoir disparu, d’être mort à ce qu’on a quitté.

TRADUCTION

SURQUALIFIÉ, DE JOEY COMEAU
LETTRES À DES SOCIÉTÉS SANS VISAGE
TRADUIT DE L'ANGLAIS (CANADA) PAR MAHIGAN LEPAGE

« Un ensemble de lettres de candidature intelligentes, ironiques et diaboliques, pleines d’une malice tranchante et d’une hilarité à se plier en quatre… Overqualified arrive à tromper la peur qu’inspirent les entreprises sans visage en donnant le pouvoir au candidat anonyme qui n’a plus rien à perdre, si ce n’est cet emploi dont il ou elle ne veut probablement pas. Si le manifeste en forme de cri de guerre de Comeau enflamme les esprits comme autrefois le cadeau de Prométhée, les ressources humaines ne seront plus jamais les mêmes. »

Globe and Mail

 
 
 
 
 
 
 
 

© Mahigan Lepage 2019